Frédérique Tristant
Plasticienne Artiste Contemporain

Mon travail crée un trouble entre dessin, peinture et photographie, peut-être aussi (certainement) à voir du côté du cinéma. Je ne développe en aucun cas l’art du parasitage mais je cultive le doute, l’indécision, la RESERVE. Mes dessins peints se déclinent en série pour éviter l’étouffement de la certitude ; mes installations in situ traduisent la fragilité du trait et répandent l’absence de cris et de jugements. L’effacement, la transparence… pourquoi pas… je retiens les lignes, les couleurs, les pensées… Chaque voyage (intérieur et extérieur) offre une lecture personnelle des événements contemporains emprunts de références historiques et d’influences multiculturelles qui obligent au retrait (memento mori).

Souhaitant mettre à distance les émotions, j’ai peu à peu retiré la matière et les couleurs intenses de mes pièces en papier crépon modifié pour expérimenter le N&B, les bleus qui passent… avec en filigrane, toujours la même question : Est-ce que l’utilisation de la couleur dramatise ou dédramatise les événements ? Quelles couleurs ? Avec quelle intensité de saturation ? Sur quelle surface ? Je reviens sur mes lieux de vacances, sur mes souvenirs d’enfance, d’adulte, sur les événements tragiques qui me touchent, etc.  à partir de photographies personnelles ou anonymes pour créer une sorte de non-lieu. Toujours dans cette même perspective, je mets en réserve certaines parties des dessins peints via des adhésifs que je repositionne ensuite pour rééquilibrer l’espace émotionnel.